La réforme se caractérise par une simplification et une pacification du divorce, auxquels il faut ajouter l'accélération de la procédure.Le nouveau droit du divorce est marqué par la place exceptionnelle consentie aux accords des parties, qui dans tous les divorces et à tout moment peuvent être soumis à l'homologation du juge.
La réécriture des cas de divorce marque surtout le souci d'assurer le pluralisme et de le rendre effectif.

Le divorce par consentement mutuel (40 % des cas)

Le changement essentiel apporté par la loi est la suppression du système de la double comparution. Le divorce peut être prononcé dès le premier passage devant le juge sans aucune exigence de délais.
Le législateur a cependant maintenu une comparution au terme de laquelle le juge ayant acquis que « la conviction que la volonté de chacun est réelle et que leur consentement est libre et éclairé » homologue la convention et prononce le divorce, sauf s'il constate que la convention préserve insuffisamment les intérêts des enfants ou de l'un des époux.
Il est clairement démontré la volonté du législateur de permettre aux époux à tout moment de la procédure de faire constater leur accord par le juge pour voir prononcer le divorce par consentement mutuel.

Le divorce pour acceptation du principe de la rupture du mariage

Il se trouve insusceptible de rétractation même par la voie de l'appel.
Le divorce sur demande acceptée est débarrassé du double aveu de faits et de l'échange des mémoires. Cela devrait aboutir à une meilleure proportion que le divorce sur demande acceptée, qui représentait moins de 2 % des cas de divorce.

Le divorce pour altération définitive du lien conjugal

Ce divorce suppose la vérification de certaines conditions, notamment la cessation de la communauté de vie entre les époux, la séparation de fait depuis les deux années précédant l'assignation en divorce.
Les modifications apportées par rapport au divorce pour rupture de la vie commune sont très importantes, qu'il s'agisse du raccourcissement du délai (de 6 à 2 ans), de la disparition de la clause de dureté, même si elle était très largement symbolique, ou encore de la disparition du cas particulier du divorce pour altération des facultés mentales.

Le divorce pour faute

Il a simplement été rajouté parmi les mesures urgentes à envisager si un époux a manqué gravement à ses devoirs un alinéa prévoyant le cas de violences mettant en danger le conjoint ou les enfants et donnant au Juge aux Affaires Familiales le pouvoir de statuer sur la résidence séparée en précisant lequel des deux conjoints continuera à résider dans le logement conjugal. Cependant, les mesures ainsi prises seront caduques si dans le délai de quatre mois aucune demande en divorce, ni en séparation de corps n'a été formée.
Il a été fait le choix de maintenir la séparation de corps, alors que pourtant sa suppression avait été envisagée. Cependant, le délai de conversion de la séparation de corps en divorce est passé de trois ans à deux ans.
Le seul dépoussiérage est la suppression du cas particulier de la condamnation à une peine affective ou infamante

La procédure

Tous les divorces contentieux débutent par une requête initiale, qui constitue la première phase précédant l'introduction proprement dite de la demande en divorce. Elle ne doit pas comporter l'indication des motifs. Le choix du cas de divorce est donc reporté au moment de l'introduction de la demande en divorce après l'échec de la tentative de conciliation.Celle-ci n'est plus orientée vers le maintien du mariage, mais vers le meilleur moyen de divorcer : le juge commence par inciter les époux « à régler les conséquences du divorce à l'amiable ». Il a le pouvoir de désigner un professionnel qualifié pour faire un inventaire estimatif ou des propositions de règlement des intérêts pécuniaires ou de désigner un notaire pour élaborer un projet de liquidation. Les époux ne pourront plus présenter la demande introductive d'instance sans une proposition de règlement de leurs intérêts à peine d'irrecevabilité.Le juge devra préciser au stade des mesures provisoires si l'occupation du logement familial est gratuite ou pas.

Les époux peuvent en effet à tout moment de la procédure passer au divorce par consentement mutuel en présentant au juge une convention réglant les conséquences de celui-ci, comme ils peuvent aussi, lorsque le divorce a été demandé pour altération définitive du lien conjugal ou pour faute demander au juge de constater leur accord pour voir prononcer un divorce pour acceptation du principe de la rupture du mariage.

Les conséquences du divorce ont été considérablement unifiées afin que le choix de la cause ne soit plus commandé par celui des effets. La conservation du nom du mari par la femme n'est plus un droit acquis. De même, dès le divorce pour faute, le conjoint aux torts exclusifs duquel le divorce est prononcé ne perd plus en principe le droit à la prestation compensatoire, même si le principe peut malgré tout être remis en question notamment en fonction des circonstances particulières de la rupture. la loi supprime l'incidence des torts également sur le sort des avantages matrimoniaux et des donations.Ce sont donc tous les effets défavorables antérieurement attachés à la constatation des torts qui disparaissent.
Cependant, les dommages-intérêts sont non seulement maintenus dans le divorce pour faute, mais encore étendus à l'hypothèse du divorce pour altération définitive du lien conjugal

La nouvelle loi introduit la médiation familiale dans le Code Civil au titre des mesures provisoires : le juge peut même enjoindre aux époux de rencontrer un médiateur, qui les informera sur l'objet et le déroulement de la médiation.

Enfin, la loi du 26 mai 2004 consacre une augmentation du pouvoir du juge et l'importance du notaire. La loi encadre par ailleurs les opérations de liquidation et de partage dans le délai d'un an après que le divorce soit passé en force de chose jugée. Il impose au notaire d'informer le tribunal passé ce délai. Celui-ci statuera alors sur les contestations subsistant entre les parties.

La prestation compensatoire

Les conjoints pourront désormais soumettre à l'homologation du juge, en cours d'instance, un accord sur la prestation compensatoire, ce qui n'était possible jusqu'ici que dans le divorce sur requête conjointe.Ils ont également la possibilité de prévoir des rentes temporaires ou bien de décider que le versement de la prestation cessera à compter de la réalisation d'un évènement déterminé.
La prestation compensatoire est désormais complètement généralisée, puisque en principe, même l'époux aux torts exclusifs duquel le divorce est prononcé peut y prétendre et puisque le devoir de secours a disparu dans tous les divorces. Le juge a cependant la possibilité de refuser la fixation d'une prestation compensatoire « si l'équité le commande ».
Il est maintenant possible de panacher les différentes formes de capital et de combiner les versements mensuels ou annuels avec soit l'attribution de biens en propriété ou d'un droit temporaire ou viager d'usage, d'habitation ou d'usufruit ou le versement d'une somme d'argent. Le montant de la rente peut désormais être minoré par l'attribution d'une fraction de capital.
Le paiement de la prestation compensatoire quelle que soit sa forme sera désormais prélevé sur la succession du débiteur de celle-ci et supporté par tous les héritiers. Par ailleurs, si la prestation a été fixée sous forme d'un capital payable par fractions, le solde de ce capital devient immédiatement exigible et les prestations en rentes seront automatiquement transformées en capital immédiatement exigible.