Le premier juge qui a fixé à 356.484,67 € les pertes de gains professionnels futurs de Monsieur C. a aussi estimé que celui-ci subissait du fait de l'accident dont il a été victime une perte de chance de promotion ou d'avenir professionnel, et lui a alloué à ce titre une somme de 150.000 € ;

La SA M. ASSURANCES fait valoir à l'appui de son appel que cette somme indemnise un préjudice purement hypothétique compte tenu du cursus de Monsieur C., et des espérances professionnelles qu'il laisse supposer ; elle souligne en outre que la revalorisation périodique de la rente allouée au titre de la perte de gains professionnels futurs et les intérêts générés par le capital alloué permettent de compenser les augmentations de salaire dont aurait pu bénéficier Monsieur C. ;

Monsieur C., titulaire d'un CAP BEP de distribution et commercialisation des équipements automobiles et de motocyclettes et d'un baccalauréat professionnel dans la même activité, était âgé de 22 ans lors de l'accident dont il a été victime, et se trouvait donc au seuil de sa vie professionnelle ;

Au moment de l'accident,il travaillait dans le cadre d'un CDD en qualité de technicien en désinsectisation dans une entreprise d'hygiène ; il justifie qu'il devait à compter du 1er janvier 2002 bénéficier d'un CDI ;

Son directeur d'agence atteste que ses qualités lui permettaient d'entrevoir une évolution interne vers un poste à responsabilité ;

Il est incontestable que du fait de l'accident Monsieur C. qui débutait dans la vie professionnelle a perdu toute chance de promotion ou d'avenir professionnel ;

La revalorisation annuelle de la rente allouée au titre de la perte des gains professionnels futurs ne saurait faire double emploi avec l'indemnisation d'une perte de chance de promotion, puisqu'elle est fondée sur la base du salaire mensuel net moyen que percevait la victime au moment de l'accident, et a pour objectif, d' assurer la pérennité de ses ressources dans le temps en fonction de l'évolution du coût de la vie ; en revanche l'indemnité allouée au titre du préjudice de carrière répare la perte de chance de la victime
de n'avoir pu faire évoluer sa carrière, ses revenus et sa retraite ;

Le premier juge par des motifs que la Cour ne peut que faire siens a justement fixé à 150.000 € ce chef de préjudice.