A l'égard des tiers, les associés répondent indéfiniment des dettes sociales à proportion de leur part dans le capital social à la date de l'exigibilité ou au jour de la cessation des paiements ; toutefois, les créanciers ne peuvent poursuivre le paiement des dettes sociales contre un associé qu'après avoir préalablement et vainement poursuivi la personne morale.

Monsieur C. faisant valoir que son redressement judiciaire a été prononcé le 14 novembre 2000 et que la BANQUE P. avait déclaré sa créance entre les mains du représentant des créanciers, conclut à l'irrecevabilité de sa demande.

Mais, d'une part, la production de la BANQUE P., ainsi qu'en témoignent les pièces versées aux débats, ne concernait pas le prêt litigieux mais un prêt d'un montant de 80.000 Francs consenti le 12 mars 1998 ; d'autre part, la créance de la BANQUE P. à l'encontre de Monsieur C. est postérieure à son redressement judiciaire puisqu'elle est née au jour de l'arrêt du paiement des échéances du prêt par la SCI en 2001.

Sa demande à l'encontre de Monsieur C. est donc recevable.

La BANQUE P. justifie en cause d'appel par la production du contrat de prêt, d'un décompte détaillé arrêté au 29 janvier 2009, du tableau d'amortissement exemplatif , du tableau d'amortissement établi lors du passage à l'euro et des relevés du compte courant de la SCI L. du montant de sa créance à l'encontre de celle -ci à savoir 85.306,56 € outre les intérêts.

Il lui appartient de démontrer qu'elle a préalablement et vainement poursuivi la SCI L.

Elle a tout d'abord fait délivrer à sa débitrice le 4 octobre 2002 un commandement aux fins de saisie immobilière emportant saisie de la parcelle AK 306 et de la maison qui y est édifiée; ce commandement a été publié le 13 novembre 2002 à la conservation des hypothèques et le 19 décembre suivant la sommation de prendre connaissance du cahier des charges lui a été délivrée; le procès-verbal descriptif dressé le 4 octobre 2002 fait état d'une maison en bon état de finition constmite sur la parcelle AK 106, d'une petite dépendance en bois, d'un garage en cours de construction et la présence de fondations pour une future maison.

Cependant, elle n'a pas poursuivi la procédure; il ressort d'un courrier en date du 17 décembre 2002 émanant de l'huissier qu'elle avait mandaté que la maison décrite dans le procès-verbal descriptif est constmite sur les parcelles 108 et 109 appartenant en propre à Monsieur C. et qu'existe, à cheval sur la parcelle 106 et sur une parcelle 107, une ébauche de constmction composée d'une dalle béton et d'un début de mur en briques.

Ensuite, le 27 octobre 2008, elle lui a fait délivrer un commandement aux fins de saisie-vente qui a été transformé en procès-verbal de recherches infructueuses, la SCI ayant quitté son siège social tel que mentionné au K bis; l'huissier dressait un procès-verbal de carence et mentionnait que ses recherches lui avaient permis d'apprendre que l'immeuble où était fixé le siège social de la SCI avait été vendu à Monsieur N. et que le gérant serait parti à l'étranger ; la lettre qu'il lui a adressée conformément aux dispositions de l'article 659 du Code de procédure civile est revenue avec la mention "'inconnu",


L'examen du relevé de fonnalités produit aux débats établi que ce n'est pas la parcelle litigieuse qui a été vendue à Monsieur N. comme le soutient l'appelante mais d'autres parcelles.


Il est donc exact que la SCI L. est toujours propriétaire de la parcelle AK 106 ; le tàit que cette parcelle ne supporte pas la maison d'habitation de Monsieur C. comme initialement prévu n'a pas pour effet de la rendre sans valeur, sa valeur d'achat ayant été fixée dans l'acte de prêt à 90.000 Francs.

Aussi, la BANQUE P. ne peut soutenir avoir préalablement et vainement poursuivi sa débitrice dont la solvabilité au moins partielle est démontrée.